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7 mars 2017
30.

Depuis quelques années je n’aimais plus mes anniversaires. J’aimais bien fêter cette date avec mes amis, mais l’anniversaire, en lui-même, le symbole du temps qui passe non. Ces nombres qui défilaient ne faisaient que me rapprocher de celui-ci : 30. Et celui-là je ne l’aimais pas. J’imaginais qu’à trente ans on devait avoir tout compris, tout réussi, être accompli. Et j’en étais bien loin. Je faisais le résumé de ma vie et ce n’était jamais en positif.

Et puis mon déménagement, ma fracture de la main, la nouvelle année peut-être, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, mais mon état d’esprit à changer. Ce nombre qui me faisait peur est devenue la parfaite excuse pour oser, pour faire. Il était gage d’une maturité. A 20 ans, on fait, on tente, parce que c’est l’âge des expériences, mais à 30 ans on fait, on tente, parce qu’on sait ce qu’on veut. Je me suis mise à considérer que j’avais passé suffisamment d’années sur terre pour me connaitre un peu et savoir ce que je voulais. Et j’ai aussi constaté que je n’avais pas passé assez d’années à me l’autoriser.

Alors en début d’année, à l’heure où on décide d’arrêter de fumer ou de se remettre au sport, moi j’ai pris la décision de me lancer, enfin. D’affirmer « je suis photographe » quand on me demande ce que je fais. De penser mes photographies comme mon travail. D’être une chef d’entreprise qui met tout en œuvre pour faire avancer son projet. Et je me suis mise à la tâche.

Le 5 mars, ce fameux nombre est arrivé. J’ai fêté mon anniversaire avec mes amis et ma famille, j’ai mangé beaucoup trop de gâteaux, mais enfin j’étais sereine.

Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir, mais je sais que je le prends en mains.

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