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28 juillet 2015
Ma petite maison (dans la prairie)

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai adoré Microbe et Gasoil, ou parce que je suis tombée sur cette image d’Urban Outfitters mais en ce moment je nourris une obsession pour les toutes petites maisons. Des maisons pas plus grandes qu’un appartement étudiant mais qui ont tout le charme d’une grande.

Dans le dernier film de Michel Gondry, Microbe et Gasoil sont deux adolescents qui construisent une voiture avec un moteur de tondeuse à gazon et lui donnent la forme d’une maison pour tromper les gendarmes. Cela existe aux Etats-Unis, on appelle ça des « tiny houses ». Vous pouvez la déplacer au gré de vos envies et elle comporte le minimum pour vivre (ma préférée est une maison conçue par Heirloom). Mais le point crucial est quel est votre minimum pour vivre ?

Lorsque j’étais étudiante en prépa aux écoles d’arts, notre professeur de volume nous avait demandé de concevoir une cellule. Pas une cellule d’emprisonnement, mais un lieu d’habitat le plus petit possible qui comporterait tout le confort nécessaire pour y vivre un mois durant. Après quelques tâtonnements pas bien inspirés (et une grosse engueulade de la-dit professeur quant à notre attitude trop scolaire), chacun a imaginé un concept complétement fou et personnel. Je me souviens d’une maison roulante pour rencontrer les gens, d’une maison au bord d’une falaise pour contempler la vue, d’une maison flottante pour voyager sur les océans, … Pour la mienne j’avais imaginé une bulle (notre professeur nous avait reproché de voir les choses trop carrés, j’avais voulu lui prouver le contraire ^^) suspendue au milieu de la forêt. L’intérieur comportait une cuisine, une salle de bains, un grand lit, des rangements astucieux, une bibliothèque et surtout une vue sur la forêt alentour. Mise à part la salle de bains, toute la cellule était une seule pièce de quelques mètres carrés. En plus de nous faire réfléchir aux proportions, notre professeur voulait vraiment que l’on réfléchisse à la question du minimalisme.

Avec le temps j’y repense et je me dis que je ne changerais pas grand chose, l’essentiel est là. Peut-être la forme. L’emplacement sans doute. Je mettrais ma cellule sur roues pour pouvoir me déplacer et voyager, ou je la construirais en pleine nature, près d’un lac ou d’une forêt afin d’avoir un jardin immense. Mais finalement je me rends compte que je n’ai pas besoin d’un grand espace pour vivre. Plus on a d’espace et plus on le remplit, on comble le vide pour y échapper. En Islande je n’avais que le minimum et rien ne m’a manqué. J’étais trop occupée à explorer les lieux pour m’en soucier vous me direz, mais justement la maison pour moi devrait être l’endroit où l’on se repose pas l’endroit où l’on s’enferme au milieu d’objets. Quand j’ouvre mes placards ils débordent, j’ai des boîtes pour ranger des choses dont je ne me sers pas (et dont j’ai oublié l’existence car ils sont cachés dans ces boîtes), des vêtements pour m’habiller un mois durant sans faire de lessive, des choses que j’ai gardées parce qu’on me les a offertes ou données, des babioles accumulées au fil des années … Alors petit à petit j’ai commencé à faire le tri, à jeter, à donner, à désencombrer. Comme ça le jour où je construis ma petite maison, je n’aurais que l’essentiel à y emmener.

Et vous qu’elle est votre minimum pour vivre ? Est-ce que vous imaginez vivre dans un espace réduit ? Ou au contraire vous ne jurez que par les grandes pièces ?

Voici d’autres projets qui me laissent rêveuse :

  • Hank bought a bus, un étudiant en architecture qui a amenagé un vieux bus scolaire en espace à vivre
  • The Cinder Cone, la maison de Foster Huntington qui a laissé tomber son van pour s’installer dans les arbres
  • Le combi VW qui sert de maison à Fenja et Roberto depuis qu’ils parcourent l’Amérique du Sud (2 ans déjà)

je me souviens de ce projet!!! j’avais fait la cellule sur l’eau et je te remercie parce que ça m’était totalement sortie de l’esprit…
De retour de 15j dans un VW je suis d’accord avec toi sur le minimum à avoir et le fait que la maison ne doit être qu’un endroit de repos.
Pour moi ça doit aussi être un endroit de paix où nous autres « artistes* nous pouvons mettre nos idées en application, les réaliser et les faire exister. Pour moi la maison n’a pas forcément à être immense mais il me faut ma pièce atelier, même si c’est là que je dors.
J’aime les endroits de caractères, où on reconnait en un instant la personne qui y vit. Les maisons parlent des gens qui les habitent finalement. Le fait que tu ne sentes pas le besoin de combler du vide signifie peut-être tout simplement que tu es en plein épanouissement, tournée vers l’extérieur 🙂 Pour ma part je suis aujourd’hui en plein réaménagement de mon salon et ça fait un bien fou! Sûrement parce qu’un nouveau chapitre s’ouvre…Bravo pour ton blog et ton travail, toujours aussi inspirant!

Merci !
Je suis d’accord avec toi, j’ai aussi besoin d’un espace pour créer et j’ai la chance de n’avoir besoin que d’un ordinateur pour travailler sur mes photos. Le reste se fait en extérieur 🙂
Je pense que tu as raison, j’ai de plus en plus besoin de me tourner vers l’extérieur et j’ai l’impression que les objets de mon intérieur me pèse et m’en empêche (comme sur la photo d’illustration d’ailleurs qui date de l’an dernier). Finalement la maison n’est pas un endroit fixe et nos besoins changent au fur et à mesure de nos vies, donc c’est normal qu’elle change aussi. 🙂

c’est hyper intéressant comme question ! en plein déménagement aussi, je me rends compte qu’on accumule des tas de choses souvent inutiles. même si je fais toujours mon possible pour me poser des questions avant d’acheter quelque chose (la sempiternelle « en as-tu vraiment besoin ? »), il reste les cadeaux inopinés qui tombent à côté (hélas, ça arrive…), les coups de folies qu’on regrette, les modes qui se fanent, etc… J’avoue avoir un amour particulier pour les objets, j’aime collectionner les belles formes, les belles matières, les beaux livres, car ça nourrit aussi mon imaginaire et mon travail. Quand on est artiste, on est un peu obligé d’accumuler, je crois :p pour cela, je suis contente de pouvoir profiter d’un atelier (bazar) et de rentrer dans une maison (presque rangée).
tiens, le snowboarder dont je t’avais parlé : https://mrmondialisation.org/lincroyable-tiny-house-du-snowboarder-mike-basich/
et une tiny house française ! : https://mrmondialisation.org/elle-cree-une-tiny-house-francaise/

oups
ce lien pour la tiny house française est bien mieux : http://www.tinyhouse-baluchon.fr/

Merci pour ces liens ! J’ai hâte d’avoir le temps de les regarder plus en détail. Déjà juste l’idée d’une tiny house française me plaît 🙂
C’est déjà bien de se poser des questions lorsqu’on achète. J’achète beaucoup moins (et mieux j’espère), mais surtout j’ai appris à lâcher un peu prise et à donner ce qui ne me plait plus. Ca reste encore délicat lorsqu’il s’agit de souvenirs. De toute façon je n’en serais jamais au point d’avoir un appartement témoin, mais avoir moins c’est aussi permettre à ce que l’on voit mieux les objets qui nous sont chers.

[…] vous souvenez de ce post ? Et bien l’idée devait avoir germé depuis un bout de temps dans mon esprit parce que juste […]

J’adore aussi ce concept, j’ai moi même fabriqué ma tiny house, voici ma page facebook: https://www.facebook.com/Tiny-House-Ty-Roule-1706623402918762/

Elle est superbe ta tiny house !

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